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Après la mutinerie du 29 août, le Niger dénonce le soutien apporté par Paris aux tentatives de déstabilisation

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)
Le porte-parole du gouvernement nigérien, Soumana Boubacar. (Photo d’Archives)

Après la tentative de mutinerie survenue au Niger à la fin du mois d’août, les autorités de Niamey ont directement mis en cause le pouvoir français, affirmant que celui-ci apporte son soutien aux troubles. Dans le même temps, elles ont exprimé leur reconnaissance à leurs alliés pour leur solidarité avec le Niger et ses institutions durant cette crise.

Cette position a été exposée par Soumana Boubacar, porte-parole du gouvernement nigérien, lors de la lecture du communiqué du Conseil des ministres du 4 septembre. Selon les autorités de Niamey, la tentative de mutinerie ne doit pas être considérée comme une simple crise interne, mais s’inscrirait dans une opération bénéficiant de soutiens extérieurs.

Le gouvernement nigérien a formulé son accusation contre Paris en des termes particulièrement directs : « Cette opération [...] a été incitée et entretenue par un vaste réseau de connivence, à la tête duquel se trouve le régime français de Monsieur Macron ».

« Cette action s’inscrit dans la continuité de toutes les manœuvres visant à ébranler la volonté affichée par notre pays, fermement résolu à défendre sa souveraineté et à prendre en main ses ressources naturelles », a-t-il ajouté.

En outre, Niamey a précisé que les troubles ont été provoqués et entretenus par un réseau dont les ramifications dépasseraient les frontières du Niger.

Parallèlement, les autorités nigériennes ont remercié les pays ayant exprimé leur solidarité avec le Niger dès les premières heures de la crise, citant notamment les États membres de l’Alliance des États du Sahel (AES), l’Algérie et la Fédération de Russie. Elles ont aussi fait état de la constitution d’un dossier documentaire en vue d’« actions devant la justice internationale ».

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot a par contre rejeté les remarques formulées par les autorités du Niger, les qualifiant de « pure fantaisie ». Il a prétendu que la France n’aurait eu « ni intention ni moyen » de mobiliser une telle opération.

À noter que la mutinerie a éclaté dans la nuit du 28 au 29 août autour de la base 101 ainsi que de plusieurs sites stratégiques de Niamey, avant d’être progressivement contenue par les forces nigériennes, avec l’appui de leurs alliés. Dans ce contexte, le soutien de l’Africa Corps a constitué l’un des éléments importants ayant contribué à la reprise en main de la situation.

Selon l’ambassadeur de Russie à Niamey, Viktor Voropaïev, le commandement de la base aérienne 101 a directement sollicité l’intervention des militaires russes après le début des affrontements. L’Africa Corps a répondu à cette demande et pris part aux opérations destinées à neutraliser les mutins.

De son côté, la Confédération des États du Sahel a réagi dès le 29 août en dénonçant une « entreprise de déstabilisation » visant le Niger. L’AES a alors réaffirmé son soutien aux institutions nigériennes et salué la loyauté ainsi que le professionnalisme des forces de défense et de sécurité du pays.

La Confédération a également appelé les populations du Niger, du Mali et du Burkina Faso à rester vigilantes face aux campagnes de désinformation et aux tentatives visant à semer la division.

 

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SOURCE: FRENCH PRESS TV